Effets passés et actuels des populations de cervidés sur les taillis avec réserves, apports de la photo-interprétation
- Type de publi. : Article dans une revue
- Date de publi. : 01/01/2010
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Auteurs :
Philippe BallonJean-Pierre Hamard
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Organismes :
Écosystèmes forestiers
Écosystèmes forestiers
- Publié dans Revue forestière française le 29/10/2020
Résumé : Nous avons conduit en 2005/2006 une étude de l'impact des populations de cervidés dans les peuplements de taillis avec réserves du massif du Cosson (Sologne). Dans cette région, la population de Cerf s'est considérablement développée depuis les années 1970, à la fois au plan numérique et spatial. Nous avons évalué la capacité de repousse des taillis, suite à leur coupe, sur les 30 dernières années au travers de bilans établis à l'aide de photographies aériennes et d'inventaires réalisés directement en forêt. Les couvertures aériennes utilisées concernent les 3 années suivantes : 1979, 1991 et 2001. L'observation de ces photographies a permis d'identifier sur la zone d'étude (32 000 ha) 828 peuplements ayant subi des coupes au cours des 3 périodes retenues (P1 : avant 1979, P2 : de 1979 à 1991 et P3 : de 1991 à 2001). Parmi ces peuplements, nous en avons sélectionné 212 par échantillonnage afin d'en réaliser une description plus précise : 42 parcelles pour P1, 90 pour P2 et 80 pour P3. Pour chaque peuplement étudié, nous avons inventorié un réseau de 10 placettes. Nous avons décrit les 5 cépées de taillis les plus proches du centre des placettes : nature de l'essence, nombre de brins, hauteur et diamètre des brins, présence de dégâts imputables aux cervidés, Ces informations ont été complétées, à l'échelle de chaque placette, par une mesure des surfaces terrières du taillis et de la futaie et la prise en compte d'une éventuelle régénération naturelle. Dans le contexte de la Sologne, l'interprétation de photographies aériennes s'avère un outil pertinent de diagnostic de l'impact de l'abroutissement des cervidés sur le renouvellement des taillis. Nos résultats mettent en évidence un fort effet de l'année de coupe sur la capacité des taillis à rejeter. Ainsi, au cours de P1, la faible pression d'abroutissement des cervidés ne semble pas avoir contrarié la repousse des taillis. À la suite des coupes réalisées durant P2, apparaît une sensible détérioration du renouvellement des taillis. Enfin, une sévère aggravation de la situation caractérise le devenir des coupes effectuées en P3. Suite à ces dernières exploitations, nous constatons un appauvrissement et une tendance à la disparition du taillis entrainant une profonde modification de la structure des peuplements forestiers concernés.
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