Recherche de l'équilibre forêt - cervidés dans le massif du Cosson
- Type de publi. : Rapport
- Date de publi. : 01/01/2007
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Auteurs :
Philippe BallonJean-Pierre Hamard
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Organismes :
Écosystèmes forestiers
Écosystèmes forestiers
Résumé : Au cours de ces 30 dernières années, les populations de cerf élaphe et de chevreuil se sont considérablement développées dans le massif du Cosson. Ce massif s'étend sur les départements du Loiret et du Loir-et-cher sur une surface forestière totale de 32 350 ha. Ce massif est bordé par la Loire au nord-ouest, l'agglomération d'Orléans au nord, l'autoroute A71 au nord-est et les limites sud des communes de Saint-Laurent-Nouan, Crouy-sur-Cosson, La Ferté-saint-Cyr, Villeny, Yvoy-le-Marron et Chaumont-sur-Tharonne. Le principal traitement sylvicole de ce massif est celui du taillis sous futaie. Lors du renouvellement des peuplements, suite aux coupes de taillis, les jeunes rejets sont particulièrement sensibles à l'abroutissement. L'objet de cette étude est de dresser un état des lieux de l'équilibre entre la forêt et les cervidés. Ce programme a bénéficié d'une subvention du FEOGA dans le cadre du programme Leader+ Grande Sologne et d'une subvention de la DRAF Centre. Afin d'identifier les peuplements ayant subi des coupes récentes, nous avons eu recours à des photographies aériennes prises à différentes époques (P1 :1979, P2 : 1991 et P3 : 2001). Lors de nos prospections, nous avons identifié une période dite P4, dont les coupes de taillis ont été réalisées depuis 2001. Plus de 2 000 peuplements ont ainsi été localisés sur les 4 périodes. L'observation des photographies les plus récentes a permis de faire un premier diagnostic de l'évolution des peuplements. Ensuite, des inventaires précis ont été mis en ½uvre en 2005 et 2006 sur un échantillon de 253 peuplements représentatifs des 4 périodes, respectivement aux différentes périodes (P1 : 42, P2 : 90, P3 : 80 et P4 : 41). Nos résultats mettent en évidence l'impact très important des populations de cervidés sur le renouvellement du taillis. Les abroutissements répétés des rejets conduisent à une modification de la structure des peuplements en faisant disparaître le taillis. Des peuplements constitués à l'origine de taillis ou de taillis sous futaie peuvent ainsi évoluer vers des landes ou des prébois. Cet effet est dépendant de l'importance de l'abroutissement, de la localisation géographique des peuplements mais aussi de la nature des essences forestières entrant dans la composition des taillis. Ainsi, les peuplements à base de chêne et de bouleau sont beaucoup plus vulnérables à l'abroutissement que ceux à base de châtaignier. Parmi les résultats les plus probants, nos analyses montrent que l'effet des populations de cervidés dans le massif du Cosson dépend très étroitement des périodes étudiées. Ainsi, les peuplements issus des coupes réalisées à la période P1 ne présentent peu ou pas de signes de dégradation à l'heure actuelle. Par contre, les peuplements plus récemment exploités (période P2 et surtout période P3) montrent des signes manifestes de dégradation. Les évolutions observées sont étroitement liées à la colonisation du massif par le cerf et à son développement numérique. Les problèmes les plus cruciaux ont été mis en évidence dans la zone patrimoniale d'installation initiale de la population à savoir sur l'unité de gestion 1 du Loiret (communes de Ligny-le-Ribault et Lailly-en-Val), et les unités de gestion 31 et 40 du Loir-et-Cher (communes de La Ferté-saint-Cyr et de Villeny). Des propositions de gestion pour rétablir l'équilibre forêt cervidés font l'objet de recommandations spéciales. Ces propositions s'appuient sur des actions au niveau des populations (mise en ½uvre d'une politique concertée et inter-départementale de ces populations, amélioration de la réalisation des plans de chasse et augmentation des prélèvements). Enfin, des recommandations pour améliorer l'habitat sont également proposées. Elles se basent sur l'amélioration des ressources alimentaires pour le cerf et l'intensification de la sylviculture. Le retour à un équilibre agro-sylvo-cynégétique ne peut s'envisager sans des actions communes sur les populations et les habitats sachant que cette politique doit être mise en place à l'échelle de la répartition spatiale des populations de cerf et de chevreuil.
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