Relations entre les facteurs granulométriques et la structure des communautés benthiques en Manche est
- Type de publi. : Communication dans un congrès
- Date de publi. : 05/07/2023
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Auteurs :
Nathan ChauvelPierre WeillLaurent DezileauJean-Philippe Pezy
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Organismes :
Morphodynamique Continentale et Côtière
Morphodynamique Continentale et Côtière
Morphodynamique Continentale et Côtière
Morphodynamique Continentale et Côtière
Résumé : Le benthos est classiquement utilisé comme témoin intégrateur des conditions environnementales dans lesquelles il se trouve. Parmi celles-ci, la nature des sédiments, très souvent caractérisée par la taille moyenne des grains (granulométrie), est un paramètre essentiel puisqu'il constitue l'habitat benthique. En conséquence, en Manche, la distribution des communautés benthiques est fortement conditionnée par ces habitats, eux-mêmes dépendants des conditions hydrodynamiques du milieu. Cependant, la plupart des études portant sur cette relation concernent des fonds côtiers de faible granulométrie, allant de la vase aux sables moyens, au détriment des sédiments plus grossiers, allant des sables grossiers aux cailloutis, qui constituent pourtant la majorité de la surface des fonds de la Manche (environ 80%). Au cours des deux dernières décennies, de nombreux suivis de la communauté benthique et de la nature des fonds sédimentaires ont été effectués, notamment avec la mise en place de suivis à long terme (SNO Benth'obs) ainsi que dans le cadre d'études d'impact environnemental liées à l'extraction de granulats marins (GIE-GMO, GMH) ou à l'implantation de parcs éoliens (Courseullessur-Mer, Dieppe-le-Tréport, AO4). Les données collectées lors de ces suivis ont été utilisées afin d'étudier la relation entre la granulométrie des sédiments et les communautés benthiques en Manche Est. Des analyses multivariées ont été effectuées pour (i) identifier la contribution des facteurs granulométriques dans la variabilité des communautés biologiques, (ii) caractériser les différentes stations étudiées et (iii) identifier les facteurs granulométriques structurant le plus les communautés benthiques. Des régressions quantiles ont également été appliquées aux données d'abondance et de biomasse le long d'un gradient granulométrique afin de distinguer les espèces électives de certains faciès sédimentaires de celles plus ubiquistes, moins sensibles à la texture sédimentaire. Enfin, une adaptation de la classification édaphique des organismes benthiques de Glémarec (basée sur une classification de Sheppard) est proposée. Les résultats montrent que les facteurs granulométriques ont un rôle modéré dans la distribution des espèces benthiques, certaines étant plus sensibles que d'autres à la composition sédimentaire, et de nombreux autres facteurs, y compris sédimentaires (comme la composition en matière organique), entrant également en jeu dans cette structuration (e.g., exposition aux courants, profondeur, facteurs biologiques…). Les analyses multivariées ont également souligné l'utilité des outils de décomposition modale des distributions granulométriques pour analyser efficacement les données sédimentaires provenant de milieux bien distincts.
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