Un habitat azilien en Anjou : les Chaloignes à Mozé-sur-Louet (Maine-et-Loire)
- Type de publi. : Article dans une revue
- Date de publi. : 01/01/2009
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Auteurs :
Grégor MarchandRémy ArthuisSylvie PhilibertFarid SellamiSandra SicardPhilippe ForréSylvain LanoëJean-François NauleauLaurent QuesnelGuirec Querré
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Organismes :
Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire
Institut national de recherches archéologiques préventives - Centre de recherches archéologiques de Cesson-Sévigné
Culture et Environnements, Préhistoire, Antiquité, Moyen-Age
Institut national de recherches archéologiques préventives - Centre de recherches archéologiques de Cesson-Sévigné
Institut national de recherches archéologiques préventives - Centre de recherches archéologiques de Cesson-Sévigné
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Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire
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Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire
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- Publié dans Gallia Préhistoire – Préhistoire de la France dans son contexte européen le 24/10/2020
Résumé : La fouille du site des Chaloignes (Mozé-sur-Louet, Maine-et-Loire) a été réalisée en 1999, sur une surface de 9 200 m
2. Elle a permis pour la première fois de décrire un habitat complexe du Paléolithique final sur le Massif armoricain, tout en nous donnant une image claire des choix techniques de l’Azilien. L’environnement immédiat est fortement marqué par la Loire, avec 10 km de rives accessibles dans un rayon de 5 km. Trois thalwegs de faible importance convergent dans cette « cuvette », fermée par un étroit émissaire lié à un filon de quartz. Cette disposition naturelle a favorisé la conservation des niveaux tardiglaciaires, parfois sous un niveau d’habitat de La Tène moyenne (partie septentrionale du site), parfois sous la seule terre végétale (partie méridionale du site). Des colluvions scellent ces habitats dans tous les vallons. Les analyses géomorphologiques et micromorphologiques mettent en évidence une première phase d’érosion sous climat périglaciaire, suivie d’une phase complexe de dépôts de limons, coiffée au sommet par les vestiges aziliens. La mise en place d’un sol à ce moment désigne une amélioration climatique, que l’on corrèle à l’interstade Alleröd. Ultérieurement, ces dépôts enregistrent par endroit une reprise du froid (Dryas récent) et des troncatures sédimentaires. Les pièces lithiques pouvant être qualifiées d’aziliennes se rencontrent au sein de dix locus homogènes, de deux zones homogènes et de deux zones à forte composante azilienne mais à intrusions postérieures. Il y a également un locus daté du Néolithique final. Les unités spatiales couvrent de 25 m
2 à 70 m
2. Aucun aménagement, aucun foyer, aucune zone rubéfiée, aucun effet de paroi n’ont été perceptibles. La conservation des matières organiques est compromise par l’acidité des sols du Massif armoricain. L’acquisition du silex sur les sources les plus proches a été la solution la plus couramment adoptée par les tailleurs des Chaloignes. Il s’agit pour l’essentiel de galets de terrasses de la Loire, dont les plus proches se trouvent à moins de 2 km de distance. Mais on observe dix matières à cortex non-roulé qui proviennent des bassins sédimentaires, en proportions variables sur les locus. L’ocre a été glanée sur les formations de grès armoricain, à une dizaine de kilomètres au nord du site, peut-être sous l’actuelle ville d’Angers (Maine-et-Loire) ou plus au nord sur la bordure du Massif armoricain. Les objectifs du débitage sont doubles : d’une part, de petits supports laminaires rectilignes à destination des armatures, d’autre part des éclats courts dont l’épaisseur est constante, pour les grattoirs. Le débitage, majoritairement bipolaire, est conduit à l’aide d’un percuteur de pierre dure, avec une faible préparation des plans de frappe. Monopointes asymétriques à dos courbe (dites pointes aziliennes), très rares lamelles à dos, burins sur troncature ou sur cassure, grattoirs unguiformes ou sur bout de lame, sont les principaux outils aménagés de l’Azilien des Chaloignes. Cette industrie offre suffisamment d’arguments pour s’intégrer dans une phase récente de l’Azilien, soit la phase à monopointes, à la fin de l’interstade Alleröd (autour de 10800 BP, soit de 11000 avant notre ère). L’ensemble des types d’outils est présent sur tous les locus ; une analyse fine des proportions de pièces permet néanmoins de nuancer cette observation pour nous entraîner vers des notions de segmentation des activités dans l’espace. Une analyse fonctionnelle a permis de montrer que, hormis les activités cynégétiques dont témoignent indirectement les armatures, les processus techniques identifiés se rapportent essentiellement au travail de la peau et du bois. Une large part des produits lithiques obtenus est abandonnée sur place, sans avoir servi. Le locus 11 est le seul à avoir livré trois galets gravés de fines stries parallèles, en position stratigraphique claire, ce qui permet sans aucun doute de les associer à l’occupation azilienne. Le fonctionnement des locus est probablement discontinu dans le temps. Abritée des vents et disposant d’une source, la « cuvette » des Chaloignes devait offrir quelques commodités à des groupes exploitant ce versant de la Loire, avec peut-être un couvert arboré plus développé que la steppe à Poacées décrite en Mayenne par les analyses palynologiques. Le territoire économique est marqué par le fleuve, à un vaste carrefour entre plusieurs rivières.
Fichiers liés :
GP_51_1-111_MARCHAND.pdf
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